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06.05.2008
Adja et Liu au Tribunal Administratif
Ce mardi 6 mai. nous avons passé l'après midi au Tribunal administratif, à Melun.
Sympathisants et militants de RESF, nous étions venus nombreux soutenir de notre présence silencieuse deux jeunes femmes en difficulté pour obtenir un titre de séjour dans notre pays.
Elles étaient, comme tous ceux qui devaient passer à cette audience du 6 mai, convoquées pour 14h. Nous avons eu le temps de voir défiler beaucoup de personnes et de mesurer l'opacité de ces procédures.
Au Tribunal administratif, la procédure est essentiellement écrite. Le jugement se fait sur dossier. Mais s’il y a des « audiences », c’est bien pour entendre éventuellement quelque chose de plus. Et si ces audiences sont publiques, c’est peut-être aussi pour que le peuple français, au nom duquel cette justice est rendue, puisse entendre ce qui se dit.
Hélas, au Tribunal de Melun, les micros existent mais ne sont pas mis en service. Magistrats, greffier et commissaire du gouvernement parlent si bas – entre eux – que nous ne saisissons que des bribes de phrases. Seuls les avocats sont audibles.
Peut-être est-ce mieux ainsi, car ce qui est à entendre est assez terrible et nous ne saurions rester sagement, comme exigé, sur nos bancs ou debout au fond de la salle. Les uns après les autres apparaissent des histoires révoltantes : en France depuis six ans, huit ans, sans attache dans le pays d’origine qui accepterait de repartir comme la Préfecture l'exige ? Le Commissaire du gouvernement continue de parler de jeune femme enceinte alors celle-ci a accouché depuis un mois… Nous entendons que les employeurs venus soutenir n'ont pas à être là. Que l'excellente qualification d'un employé ne donne pas un droit à vivre ici.... que aujourd'hui, le droit se moque d'un tas de choses qui font la vie quotidienne et la bonne intégration... et les magistrats semblent ne plus être maîtres d'interpréter dans le sens de l'humain...
Nous sommes là pour Adja, qui veut devenir infirmière et ne peut même s’inscrire à l’école d’infirmière faute de papiers en règle. Elle est digne, à la barre. Le Président ne lui donnera pas la parole. Le Commissaire murmure le mot rejet en fin de sa lecture… Rejet de quoi ? de la décision de l’absence de décision du Préfet ou de la demande d’Adja ? Réponse à l’audience du 20 mai.
Yan Liu qui se présente sans avocat mais avec son bébé sur le bras, aura la chance de pouvoir prononcer quelques mots. Le Tribunal avait déjà demandé au Préfet de revoir le dossier. Elle est en France depuis l'âge de 11 ans. Elle ne peut fournir les papiers demandés par la Préfecture car ce sont des documents qui n'ont pas d'équivalent en Chine... Elle est parfaitement intégrée... Réponse le 20 mai.
Le 20 mai, ce sera aussi le tour d'Ibrahima, à qui l'on refuse une prolongation de son visa d'étudiant. Biologiste, il veut faire une spécialisation en développement durable. Il vient du Sénégal... Il avait eu la possibilité de faire ses études au Canada, mais avait préféré la France. Aujourd'hui, il regrette... notre manque d'ouverture ! Audience le 20 mai.
22:10 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sans papiers, Adja, Liu, RESF


